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Le nintedanib est efficace de façon homogène dans tous les sous-groupes prédéfinis des études INPULSIS

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Fibrose pulmonaire idiopathique

Les essais INPULSIS ont démontré l’efficacité du nintedanib pour ralentir le déclin de la capacité vitale forcée (CVF) au cours de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). Il est important d’analyser si l’efficacité du traitement s’applique largement et uniformément à la population des patients atteints de FPI ou s’il existe des différences selon les caractéristiques des patients. L’objectif de cette étude était de rechercher un lien éventuel entre l’effet du nintedanib et certaines des caractéristiques des patients avant traitement.

Pour cela, l’analyse a porté sur les données regroupées des deux études INPULSIS, et sur des sous-groupes de patients prédéfinis selon le protocole de ces essais. Les sous-groupes ont été analysés en termes d’âge (<65, ≥65 ans), de sexe, d’origine ethnique (caucasienne ou asiatique), de CVF à l’inclusion (en pourcentage de la valeur théorique), de score du questionnaire respiratoire de Saint George (≤40, >40), du statut tabagique (non-fumeur, ancien fumeur/fumeur actif), de la prise concomitante de corticoïdes, et de bronchodilatateurs.

Au total, 1061 patients ont été traités par nintedanib (n =638) ou par placebo (n =423). Il n’existait pas de différence significative dans l’effet du nintedanib (absence d’interaction statistiquement significative) pour le critère principal de jugement (vitesse de déclin de la CVF) ou les principaux critères secondaires (variation du score de Saint George ; temps jusqu’à la première exacerbation aiguë de fibrose), pour aucun des sous-groupes.

On notait cependant un effet thérapeutique semblant plus important chez les patients dont la CVF à l’inclusion était ≤70% de la valeur théorique, chez lesquels survenaient la majorité des exacerbations aiguës de fibrose, et qui avaient une dégradation plus importante du score de Saint Georges dans le groupe placebo. Le nintedanib aurait ainsi particulièrement d’intérêt pour réduire le risque d’exacerbations dans ce sous-groupe de patients avec CVF ≤ 70% de la théorique (ainsi que chez les patients recevant un traitement corticoïde). Dans une analyse non détaillée dans la publication, il est aussi mentionné un effet thérapeutique similaire selon que les patients présentent ou non un emphysème au scanner thoracique (oui/non), ou une valeur de CVF >90% ou ≤ 90% de la théorique.

Même si cette étude est une analyse en sous-groupes, avec parfois des effectifs réduits dans certains des sous-groupes, elle est rendue assez robuste par le fait que toutes les analyses réalisées étaient prédéfinies dans le protocole des essais INPULSIS, et sont conformes aux recommandations de l’European Medicines Agency. Elle suggère que l’effet du nintédanib est homogène dans tous les sous-groupes analysés. Toutefois, les analyses en sous-groupes manquent de puissance, et l’absence de différence significative (absence d’interaction statistique) ne signifie pas forcément l’absence de différence.

Un autre résultat important de cette étude est l’observation au sein du groupe placebo d’une incidence nettement supérieure d’exacerbations aiguës chez les patients ayant une CVF inférieure à 70%, indiquant que le risque de cette complication est supérieur lorsque la maladie est plus avancée, ce qui est cohérent avec des études antérieures. Cette information sera utile pour la prise en charge des patients atteints de FPI (les mesures susceptibles de réduire le risque d’exacerbation aiguë sont plus pertinentes si la CVF est inférieure à 70% de la théorique), et pour les essais thérapeutiques futurs.

Reference

Efficacy of Nintedanib in Idiopathic Pulmonary Fibrosis across Prespecified Subgroups in INPULSIS.

Costabel U, Inoue Y, Richeldi L, Collard HR, Tschoepe I, Stowasser S, Azuma A.
Am J Respir Crit Care Med. 2016 Jan 15;193(2):178-85. doi: 10.1164/rccm.201503-0562OC.

PMID: 26393389

Auteur

Vincent Cottin